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Carole Bouquet sans fard

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Carole Bouquet sans fard

Mots clés : Culture Portrait

Un reportage de Pierre-Emmanuel Luneau Daurignac et Glenn L’Yonnet.

On connaissait l’actrice au physique parfait, la militante pour la cause des droits de l’enfant ou le mannequin vantant les mérites d’un parfum, mais Carole Bouquet était loin d’avoir révélé toutes les facettes de son étonnante personnalité…

Une équipe d’Envoyé spécial a suivi l’actrice pendant les six semaines qu’a duré sa bataille pour les mal-logés de la rue de la Banque. Et la femme qu’ils ont découverte est parfois bien différente de son image publique.
Une femme qui avoue par exemple que sa beauté a été très longtemps un fardeau, une façade pratique derrière laquelle elle s’est cachée au risque de se laisser enfermer. Acte rarissime de la part d’une actrice, elle a d’ailleurs accepté de se laisser filmer sans maquillage tout au long du sujet, "sans fard"… L’actrice évoque aussi ses grandes blessures secrètes. Le départ de sa mère alors qu’elle n’a que quatre ans et la féminité qu’elle ne lui a jamais transmise. Ses vingt ans et la mort de son père. Sa vie dans le New York des années 70. La mort tragique du père de son premier fils, Jean-Pierre Rassam. L’actrice mettra un an avant de trouver la force de le dire à son fils, Dimitri. Carole Bouquet en convient, "mon métier ce n’est pas de montrer la difficulté ou le travail, mon métier c’est que ça ait l’air facile". Et pourtant, Carole Bouquet se dévoile ici avec une grande franchise et beaucoup de simplicité et nous livre le portrait d’une femme forte.

Bonus

  • Interview de P-E Luneau Daurignac
  • Interview de P-E Luneau Daurignac

    Pendant combien de temps avez-vous suivi Carole Bouquet ?

    Le tournage a été long, puisque nous avons suivi l’actrice pendant plus de deux mois. Mais nous ne l’avons pas non plus filmé tous les jours ! Il y a eu beaucoup de moments qu’elle gardé pour elle. Carole Bouquet est quelqu’un qui sait très bien protéger sa vie privée.

     

    A-t-elle accepté facilement d’être suivie par une équipe de tournage ? Avez-vous ressenti des réticences de sa part ?

    C’est une question intéressante puisque je crois qu’accepter qu’une équipe d’Envoyé Spécial la suive a été une décision difficile. Elle a mis plusieurs jours pour nous donner une réponse définitive et pas uniquement parce qu’elle a un emploi du temps surchargé. Elle savait que nous irions plus loin que les habituelles questions liées à la promotion de ses films qu’on a l’habitude de lui poser. Mais je crois qu’elle nous a fait confiance et elle s’est réellement livrée. D’ailleurs, le fait qu’elle ait accepté de se laisser filmer sans fard est bien sûr un symbole…

     

    Dans quelles conditions s’est déroulé le tournage ?


    Le tournage a été très bousculé puisqu’elle a accepté que nous la suivions pendant son combat pour la cause des mal-logés de la rue de la Banque. Il a fallu être prêt à tourner du jour au lendemain et ne pas lui en tenir rigueur non plus quand elle annulait les rendez-vous au dernier instant.

     

    Dans quels lieux avez-vous tourné ? Pourquoi ce choix ?

    C’était l’actualité qui décidait ! Cela dit, on n’a pas pu faire autrement que de la suivre aussi dans son Italie adorée, ni d’éviter de la filmer pendant un tournage, en l’occurrence celui des « Enfants de Timpelbach » au Luxembourg, un film que produit son fils, Dimitri Rassam.

     

     Avez-vous rencontré des difficultés, des imprévus dans le tournage ?

    Il était difficile de savoir à quoi s’attendre. Je crois en fait, qu’elle avait accepté le principe du tournage mais qu’à certains moments elle avait peut-être peur d’aller trop loin, de trop dévoiler ses faiblesses et certains drames qui ont jalonnés sa vie.

     

    Qu’avez-vous appris sur Carole Bouquet ? Que retiendrez-vous du personnage ?

    Beaucoup de choses, sincèrement et j’avoue que c’est un personnage au sujet duquel on pourrait écrire un roman. Ce qui m’a peut-être le plus touché c’est d’apprendre à quel point c’est une femme qui a souffert, du départ de sa mère alors qu’elle était enfant, de l’ennui à l’adolescence, de la mort de son père quelques années plus tard, de celle du père de son premier enfant alors qu’il n’a que trois ans. Ce sont des expériences qui expliquent certainement la gravité qu’a souvent son visage. J’ai été impressionné aussi par sa force de vie et son énergie. Des amis proches que nous avons interviewés (interviews que nous n’avons pas conservées dans le reportage) comme Michel Blanc ou Josiane Balasko nous ont dit à quel point elle était capable de remuer ciel et terre quand un ami est malade ou déprimé.

    S’il faut retenir quelque chose d’elle, c’est que Carole Bouquet est peut-être comme toutes les femmes, très fragile, très forte et vivant un rapport très intense vis-à-vis de son physique.
     

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