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Daniel Cohn-Bendit, du rouge au vert

Daniel Cohn-Bendit, du rouge au vert

Mots clés : Politique Portrait

Un reportage de Laurent Hakim et Thierry Breton

Impertinent, insolent, provocateur, rebelle… les qualificatifs ne manquent pas pour définir Daniel Cohn-Bendit, homme politique atypique réputé pour son franc-parler.

Quarante ans après son heure de gloire dans les amphithéâtres bouillonnants de Mai 68, « Dany », l’ancien anarchiste devenu écologiste, est de nouveau sur le devant de la scène : en juin 2009, il est l’un de ceux qui ont permis au mouvement Europe Ecologie d’emporter une belle victoire.
Quelles sont les vraies racines de cet électron libre de l’écologie politique, élu en France, résidant en Allemagne et élu en Europe ? Le député européen a-t-il définitivement choisi les institutions plutôt que la révolution ?

Bonus

  • Bibliographie
  • Bibliographie

    Les ouvrages de Daniel Cohn-Bendit :

    - "Le grand bazar", éditions Belfond

     

    - "Forget 68", entretiens avec Stéphane Paoli et Jean Viard

    Editions de l’Aube

     

    - "Que faire", éditions Hachette

     

    - "Pour la planète", éditions Dalloz

     

    - "Quand tu seras président", avec Bernard Kouchner

    Editions Robert Laffont

     

    Autres ouvrages :

    - "Mai 68, l’histoire d’un printemps", de Arnaud Bureau et Alexandre Franc

    Préfacé par Daniel Cohn-Bendit

    Editions Iceberg International

     

    - "Daniel Cohn-Bendit", de Lorraine Millot

    Editions Les Essentiels Milan

     

    - "Nous sommes en marche", de Gaby Cohn-Bendit

    Editions Flammarion

     

    - "Le syndrome du Titanic, Tome 2", de Nicolas Hulot

    Editions Calmann-Lévy

     

    - "Mai 68, la révolution fiction", de Jacques Tarnero

    Editions Les Essentiels Milan

     

    - "Mai 68, un mouvement politique", de Jean-Pierre Duteuil

    Editions Acratie

  • L’interview de Laurent Hakim
  • L’interview de Laurent Hakim

    Vous avez passé une quinzaine de jours avec Daniel Cohn-Bendit. Quand s’est déroulé le tournage ?

    Le tournage s’est déroulé entre la fin du moi d’août (Université d’été des Verts à Nîmes) et la mi-octobre 2009 (déplacement à Berlin). Daniel Cohn-Bendit devait ensuite subir une intervention chirurgicale à la hanche et n’était plus accessible pour plusieurs semaines. 

    Quelles sont les spécificités d’un tournage avec un homme politique ?

    Les hommes politiques sont avant tout accessibles dans des circonstances politiques, ce qui à la longue peut rendre le tournage très austère. Par protection, ils ont tendance à empêcher toute approche de leur univers personnel. Le travail de reportage consiste donc à doser l’approche personnelle - dans la limite du possible - et celle purement politique. S’agissant de Daniel Cohn-Bendit, il ne souhaite plus exposer sa famille devant la caméra après l’avoir beaucoup fait il y a quelques années. Mais dans la discussion, les interviewes, il reste accessible à l’évocation de sa vie privée. 

    Daniel Cohn-Bendit est-il un homme facile d’accès ?

    Dès lors qu’il a donné son accord au tournage, il ouvre les portes. Les restrictions lors d’un tournage sont rares (sauf lorsqu’un membre de sa famille est présent à ses côtés). Il accepte la caméra au plus près sans s’en lasser, sans dire stop. Il sait ce dont le reportage a besoin, il connait le media, et ne parait pas se sentir oppressé par un tournage qui dure. C’est un confort pour l’équipe qui le filme.
     

    D’où vient son envie de faire de la politique ?

    C’est visiblement une passion qui l’habite depuis très jeune. Le sens de l’engagement et du discours ont émergé en 68. Là-dessus sont venus se greffer ses convictions, le sens de l’anarchie, de la contestation, et ce faisant de l’action pour changer les choses. Sa façon un peu théâtrale de s’exprimer, il l’explique par le besoin étant enfant de se faire remarquer par sa mère, alors qu’elle avait à gérer des dizaines d’enfants lors des colonies de vacances - au milieu desquels il se sentait un peu oublié. 

    On imagine une relation très forte avec son frère Gaby. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    C’est une relation très fusionnelle entre Gaby, le frère ainé, et Dany. Ils ont perdu leurs parents très jeunes, le grand frère devenant quelque part un deuxième père pour le plus jeune. Leurs convictions les ont conduits tous deux sur des chemins politiques semblables ou voisins. Ils attachent beaucoup d’importance à la discussion et à la réflexion (parfois interminables, comme dans les amphis révolutionnaires et les cellules des partis d’extrême gauche) et se complètent certainement bien dans le rôle d’agitateurs et de boîtes à idées. 

    Pourquoi a-t-il choisi un mandat européen ?

    Selon ses propres dires, la politique nationale - française ou allemande - l’ennuie. Il n’a jamais voulu s’engager au niveau local - sauf un rôle de chargé des questions d’immigration à la mairie de Francfort pendant quelques années. L’engagement européen lui permet d’occuper une tribune sans avoir de compte à rendre à un électorat (sauf évidemment tous les 6 ans aux Européennes). Il est ainsi moins exposé qu’un député-maire soumis aux scrutins locaux et nationaux, presque perpétuellement en campagne et donc en posture de séduction. Daniel Cohn-Bendit garde ainsi une liberté de parole supplémentaire, qui semble lui réussir ces dernières années. 

    Et pourquoi l’écologie après avoir été l’icône de mai 68 ?

    Interdit de séjour en France après mai 68, il est rentré en Allemagne où il a continué sa vie militante. Il s’est engagé très tôt chez les Verts allemands (les Grunnen, des pionniers), dès la fin des années 70 avant de les rejoindre officiellement début des années 90. C’est probablement à la fois une prise de conscience sincère d’un engagement citoyen à une époque où il était encore très minoritaire, et ce faisant l’envie d’appartenir à une mouvance encore marginale comme Daniel Cohn-Bendit l’a toujours fait. 

    Comment expliquez-vous sa popularité en France ?

    Une liberté de parole peu commune dans l’univers politique, un coté politiquement incorrect - savamment maîtrisé - qui se raréfie. Peut-être aussi son apparent "désintéressement", son implication dans la construction politique nationale française sans en chercher les retombées directes (il ne veut pas se présenter à la présidentielle 2012). 

    Qu’est-ce-qui vous a le plus frappé chez lui ?

    D’une part sa capacité à s’insurger en quelques minutes, puis à se calmer rapidement et à terminer par un sourire. D’autre part, son détachement sur les événements du passé (mai 68, la chute du mur de Berlin,...), détachement parfois désarmant. 

  • Daniel Cohn-Bendit revient sur la polémique autour du "Grand Bazar"
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  • Larges extraits de l’interview de Daniel Cohn-Bendit
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